L’histoire de la piste verte

Une ancienne ligne de chemin de fer

Entre 1840 et 1860, le Grand Sillon Houiller qui traverse le Massif Central de Moulins à Villefranche-de-Rouergue, connait un essor considérable et les mines de Vendes et de Champagnac fonctionnent à plein régime.

Il faut impérativement trouver le moyen de conduire le précieux minerai à travers le pays. Le commerce local souffre également de l’enclavement. Les épiciers mettent trois jours pour atteindre Bordeaux, à cheval, traînant leurs marchandises à dos de mulets. Le besoin de voies de communication est multiple. Le Cantal possède des richesses et doit pouvoir les vendre. Outre le charbon, il produit bois, fourrage, bétail, chanvre, cuir et bien sûr, fromage. La création de la ligne est actée, elle reliera Eygurande à Aurillac, via Bort-les-Orgues et Mauriac. Les travaux s’enchaînent et sont spectaculaires. Creusement de tunnels, construction de viaducs et de murs de soutènement vont rythmer la vie en cette fin du XIXe siècle. La première partie de la ligne, Eygurande – Largnac s’achève fin 1882. La voie Mauriac Miécaze est ouverte en décembre 1891 mais la partie la plus longue à réaliser sera, sans doute, la plus courte en termes de métrage : un peu plus de 20 kilomètres pour joindre Largnac à Mauriac. Le parcours, sinueux, va donner du fil à retordre mais laissera des ouvrages exceptionnels. C’est en 1893 que le dernier tronçon est achevé.

Dans les années 50 – 60, le charbon a laissé sa place à un autre type d’énergie et on va alors assister à l’aménagement hydroélectrique de la Dordogne. Avec la construction du barrage de Bort-les-Orgues, l’une des voies ferrées qui irriguait le département du Cantal va se retrouver sous les eaux. La ville de Bort-les-Orgues devient alors ni plus ni moins qu’un « cul de sac ». La liaison Bort – Aurillac a toutefois été maintenue mais ne permet plus aucun échange sur l’extérieur. Sa fréquentation a rapidement chuté. Aussi, en 1994, la SNCF a préféré arrêter l’exploitation de ce tronçon.